Aegidius SADELER : Portrait de l'empereur Matthias - 1614

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Prix : 5000 €

Burin, 662 à 668 mm x 418 à 422 mm (feuille). Hollstein 310, 2e ou 3e état/3.

Impression du 2e ou 3e état (sur 3). Le privilège impérial gravé au-dessus des deux lignes apparaît au 2e état, l’adresse de Marco Sadeler au 3e état. La tablette rognée ici sous la date ne permet pas de savoir si elle comportait l’adresse.

Les épreuves du 1er état sont très rares (une seule épreuve citée dans Hollstein).

Belle épreuve imprimée sur papier vergé filigrané (fleur de lys dans un cercle surmonté d’une couronne) rognée sous la date en bas, comme souvent, et juste à l’extérieur de l’image sur les trois autres côtés. Bon état général. Une petite déchirure de 10 mm en tête, deux petites déchirures de 14 mm deux de 5 mm en pied et quelques petits plis verticaux ; un petit trou de 2 mm dans l’angle inférieur gauche, quelques infimes manques sur les bords de la feuille et quelques infimes épidermures dans le sujet.

Aegidius Sadeler, né vers 1570 à Anvers, qu’il quitte très tôt avec sa famille, est devenu le graveur attitré de trois empereurs successifs de la maison de Habsbourg, Rodolphe II, Mathias et Ferdinand II.

Dorothy Limouze remarque que si les portraits de cour de Sadeler sont assez classiques, en revanche ses portraits des empereurs Matthias et Ferdinand II sont « tout sauf des représentations typiques et schématiques. Le Portrait allégorique de l’Empereur Matthias est une grande composition, extravagante, truffée d’iconographie politique et d’illusionnisme espiègle.  Le portrait naturaliste de Matthias est placé sur un buste sculpté fictif posé sur un piédestal, les épaules recouvertes d’un drapé. La composition est intégrée dans un ensemble de personnifications, à commencer par deux figures dans les angles supérieurs représentant la Sagesse et la Force d’âme qui tiennent des drapeaux portant les emblèmes de l’empereur. En haut, au centre, des chérubins apportent du ciel la couronne impériale, tandis que les Trois Grâces déversent des fleurs et de l’argent sur l’empereur. Sur les côtés, les figures de Mercure et de Minerve, positionnées comme les célèbres statues des Dioscures à Rome, domptent Pégase (un symbole courant de la Vertu) et transpercent le dragon de l’hérésie. Au-dessous, les divers sujets de l’Empire et ses ennemis turcs s’agenouillent en hommage, tandis que les figures de la Jalousie et de l’Ignorance sont prostrées tout en bas, au centre.

Les références de cette estampe à des compositions telles que le Triomphe de la Sagesse [gravé vers 1600 par Aegidius Sadeler d’après Bartholomeus Spranger] révèlent à quel point Sadeler et d’autres artistes de la cour transposaient dans leurs travaux pour Matthias et Ferdinand II les sujets artistiques humanistes essentiellement laïques du temps de Rodolphe II. Le climat militant politique et religieux de la cour exigeait en effet des programmes symboliques alliant la cause des Habsbourg à celle du Catholicisme. Ce portrait, de même que d’autres œuvres créées par Sadeler pour ces empereurs, eut un impact durable sur l’imagerie des Habsbourg aux 17e et 18e siècles. » (Limouze p. 15 et 16, notre traduction)

Références : Dorothy Limouze : « Aegidius Sadeler, Imperial Printmaker » in Philadelphia Museum of Art Bulletin, vol. 85, n° 362 (Spring, 1989), p. 1-24.

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