Félix BUHOT : L’Enterrement du burin, frontispice pour L’Illustration Nouvelle - 3e état/5 - 1877

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Prix : 3000 €

Eau-forte, 345 x 278 mm. Bourcard/Goodfriend 124, 3e état/5.

Impression du troisième état (sur 5 selon Goodfriend) la planche complétée à gauche et remordue, mais avant les nouveaux travaux dans le ciel à la pointe sèche, avant l’aquatinte et avant l’ajout de la signature en bas à gauche.

Superbe épreuve imprimée sur papier vergé. Excellent état de conservation général. Une petite épidermure au verso avec un infime trou d’épingle associé dans le sujet. Toutes marges (feuille : 519 x 350 mm). Annotée au crayon, probablement par Buhot, en bas à gauche : 2e Etat.

Provenance : Marcel Lecomte, sa marque ML estampée à sec dans la marge inférieure gauche (Lugt non décrit).

L’absence des nombreux traits de pointe sèche que Buhot gravera dans le ciel au 4e état donne à cette épreuve une grande luminosité qui contraste avec les noirs profonds et renforce l’intensité dramatique de la scène mise en place au 2e état.

Cette planche, conçue pour servir de frontispice au 9e volume de L’Illustration Nouvelle par une société de peintres-graveurs à l'eau-forte, est également connue sous le titre L’Enterrement du burin. James Goodfriend la décrit ainsi : « Le sujet de cette curieuse allégorie est la « mort » de la gravure de reproduction (l’esprit de l’outil du buriniste est emporté dans les airs par des anges, tandis que son « corps » est enlevé par un vieux corbillard portant la date 1876, tiré par un cheval ailé) et l’arrivée triomphante de l’eau-forte originale, transportée par une locomotive moderne appelée L’Illustration Nouvelle et portant la date 1877 » (traduit par nous). (C. & J. Goodfriend, Catalogue number four, Félix Buhot, 1986, n°90).

Henri Beraldi se montre moins enthousiaste lorsqu’il commente la planche dix ans plus tard : « Cette pièce s'appelait aussi : L’Enterrement du burin. A la bonne heure ! voilà un titre qui dévoile naïvement les prétentions de l'aquafortisme à cette époque. Depuis il a mis de l'eau dans son vin » (Les Graveurs du XIXe siècle, guide de l’amateur d’estampes modernes, tome 4, 1886, p. 31, n°124). Beraldi appréciait cependant le travail du jeune graveur, à qui il avait précisément choisi de confier l’exécution du frontispice du tome 4 des Graveurs du XIXe siècle. Un dessin, intitulé par Jean-Luc Dufresne « Cy gist l’eau-forte, fantaisie pour le frontispice des Graveurs du XIXe siècle », montre que Buhot s’est souvenu de ce frontispice pour illustrer la mort d’un genre artistique, cette fois-ci l’eau-forte, tuée par la photographie (Jean-Luc Dufresne, Étude et catalogue raisonné des peintures, pastels, aquarelles et gouaches, thèse pour le Doctorat, 1981, n° 392). Projet qu’il abandonna, peut-être sur les conseils de Beraldi, pour le frontispice que l’on connaît (B/G 164).

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