Étienne DELAUNE : Écran avec Médée rajeunissant Aeson - 1561

Prix : 1600 €

Burin, 220 x 108 mm. Robert-Dumesnil 314. La gravure porte le titre MEDEA dans le sujet et la date 1561.

Belle épreuve, tirée un peu sèche au centre et à gauche, imprimée sur papier vergé filigrané (lettres illisibles). Rognée à la cuvette. Très bon état général, quatre petits trous d’épingle dans les angles.

Étienne Delaune choisit ici le mythe de Médée rajeunissant le roi Aeson à la demande de son fils Jason, dans la version donnée par Ovide au livre VII des Métamorphoses. Le sujet principal est entouré d’un riche décor de figures allégoriques, putti, animaux et ornements. Un miroir similaire, également daté 1561, porte le titre IULIA et représente « la mort de Julie, fille de Titus, succombant entre les bras de deux de ses suivantes, à l’action d’un breuvage empoisonné ». (Robert-Dumesnil 315).

Étienne Delaune, qui était orfèvre, a produit de nombreux projets d’ornements, le plus renommé étant celui de l’armure d’Henri II dont le décor s’inspire de la rivalité de César et Pompée (1559). Il a également réalisé pour Catherine de Médicis un miroir qui fut transformé ultérieurement en reliquaire (voir ci-dessous). Ses décors étaient souvent inspirés des Métamorphoses d’Ovide, dont sont tirées notamment les scènes figurant sur des dessins d’aiguières conservés à la Bibliothèque nationale de France.

Les deux projets de miroirs gravés en 1561 par Delaune sont un cas particulier : ce ne sont pas des dessins mais des estampes. Michèle Bimbenet-Privat remarque en effet que : « ces images de miroirs sont une exception dans l’oeuvre gravé de Delaune, dans lequel dominent des suites d’histoires ou des panneaux d’ornements tous caractérisés par de petites dimensions. Par crainte d’être copié, il est rare qu’un orfèvre diffuse l’image totale d’un objet de son invention, à moins que l’objet n’ait été célèbre ou qu’il n’ait représenté, pour son auteur, une forme de consécration. Le miroir fut-il une commande particulièrement appréciée de Catherine de Médicis ? Delaune voulait-il en faire un usage promotionnel ? » (L’Orfèvre et graveur Étienne Delaune (1518/19-1583) : questions et hypothèses, in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Année 2009, 153-2, p. 644).

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