Alberto GIACOMETTI : [Composition I] Planche pour le portfolio d’Anatole Jakovski – 1934/1935

giacometti
 
 

Prix : 12000 €

Burin, 297 x 243 mm. Lust 80, Kornfeld 16.

Tirage à 50 épreuves imprimées pour un portfolio réalisé par Anatole Jakovski, comprenant 23 gravures d’artistes européens, publié à Paris en 1935 par G. Orobitz. Selon Kornfeld, Composition I n’aurait pas été imprimé par Tanneur mais par « Stanley W. Hayter, probablement en collaboration avec Alberto Giacometti. » (Kornfeld, 16)

Très belle impression sur papier Annam, filigrané Annam et BFK, signée et numérotée 32/50 au crayon dans la marge inférieure ; le numéro de cette épreuve a été corrigé par Giacometti comme le mentionne le catalogue Kornfeld à propos de l’épreuve numérotée 27/50 appartenant à la Fondation Giacometti (numéro d’inventaire : 2006-0783).

Très bon état. La feuille est la plus grande dimension recensée : 327 x 248 à 250 mm (marge droite non ébarbée). Le catalogue Kornfeld indique comme dimension moyenne des feuilles : 32 x 24,7 cm.

« Le portfolio devait accompagner le tirage de luxe d’un recueil d’essais d’Anatole Jakovski sur Marcel Duchamp et les artistes auxquels Jakovski avait commandé les gravures, mais la publication échoua faute de moyens financiers. L’album publié, qu’on peut voir à la bibliothèque du Victoria and Albert Museum, fut tiré à 50 épreuves, dont 20 furent mis en vente et 30 furent réservées aux artistes et collaborateurs. On imprima également un certain nombre d’épreuves d’artistes. » (Frances Carey & Antony Griffiths, 'Avant-Garde British Printmaking 1914-1960', BMP, no.75. cité par le British Museum, traduit par nous).

Le burin gravé par Giacometti pour Jakovski en 1934 est l’une de ses dernières oeuvres avant le retour à la figuration. Bien que l’œuvre paraisse très abstraite, Kornfeld soutient qu’elle se rattache aux œuvres surréalistes de Giacometti: “le cône et la structure en forme de boîte dérivent par simplification des “cages” et de la Boule suspendue…” (…) Publiée par Anatole Jakovski en mai 1935, juste après que Giacometti ait quitté les surréalistes, Composition pourrait passer pour un basculement momentané dans l’abstraction géométrique. Mais l’œuvre ne résulte que d’un cryptage accentué destiné à rendre son travail encore plus ésotérique, sans toutefois rejoindre l’abstraction. ” (Kornfeld, p. 58). Cette remarque est pertinente, mais il faut observer qu’elle pourrait s’appliquer à la plupart des oeuvres qu’on range dans la catégorie de l’abstraction alors que leur esprit est très différent: dans les tableaux “abstraits” de Mondrian, Herbin ou Barnett Newmann, les lignes, les couleurs et les formes géométriques sont tout aussi ésotériques et n’ont pas du tout la même signification.

Références : Frances Carey & Antony Griffiths, 'Avant-Garde British Printmaking 1914-1960' ; Eberhard W. Kornfeld et Fondation Giacometti, Alberto Giacometti. Catalogue raisonné des estampes, Vol. I, N°1–231, 1917–1957/1958, Editions Galerie Kornfeld, Berne, 2016.

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