Sébastien LECLERC : Saint Claude priant dans la solitude

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Prix : 2500 €

Eau-forte, 103 x 113 mm. IFF 18, 6e état/9.

Belle épreuve imprimée sur papier vergé. Bon état général. Feuille : 246 x 168 mm.

Impression du 6e état (sur 9), avec la correction de Le Clere en Le Clerc dans le quatrain commençant par Le Clerc de ce chef-d’œuvre, et avant que ce quatrain soit remplacé par celui commençant par Saint Claude par Le Clere.

Le quatrain est imprimé à l’aide d’une planche additionnelle dans la partie inférieure de la gravure, sur une feuille où est imprimée une NOTE HISTORIQUE SUR L’ESTAMPE DE S. PIERRE dans le temps de sa Pénitence.

L’histoire compliquée de ce cuivre, telle qu’elle est relatée dans la « note historique », en fait une œuvre singulière, qui nous renseigne de façon plaisante sur la production et la collection des gravures à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Bien que l’estampe soit connue sous le titre Saint Claude priant dans la solitude, les épreuves du 6e état représentent Saint Pierre en pénitence. Si ce chef d’œuvre, comme le proclame la lettre, est d’abord celui de Sébastien Leclerc, seul le paysage en effet reste de sa main au 6e état, la figure centrale étant l’œuvre de Charles-Nicolas Cochin. Gravé en 1694 par Sébastien Leclerc à la demande du jeune collectionneur Claude Potier, le cuivre représente originellement St Claude, saint patron du commanditaire, priant dans la solitude d’un paysage. Potier ayant acquis le cuivre le confie à Charles Eisen pour remplacer la figure de Saint Claude par celle de Madeleine. On connaît ainsi des épreuves avec la figure de Saint Claude, certaines sans figure, d’autres avec la figure de Madeleine. Après le décès de Claude Potier en 1756, le cuivre est acheté par le marchand Helle qui demande en 1759 à Charles-Nicolas Cochin de remplacer la figure de Madeleine par celle de Saint Pierre en pénitence. Il fait graver également un quatrain détaillant les transformations successives de la plaque, ainsi qu’une longue et savoureuse notice où il moque gentiment les collectionneurs d’estampes, avides de posséder les pièces les plus rares, notamment les premiers états, dont le nombre ne peut plus être augmenté.

Très rare.

Référence : Roger-Armand Weigert : Les transformations d’une vignette - Trois « collaborateurs » imprévus : Sébastien Le Clerc, Eisen, Charles-Nicolas Cochin, L’Amateur d’estampes, octobre 1932, p. 145-153.