Albrecht DÜRER : Les Quatre Anges vengeurs de l’Euphrate - 1498

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Bois gravé, 392 x 282 mm.  Meder 171, Strauss 49. Épreuve de l’édition originale de 1498 avec le texte latin au verso, la forme super monteƺ non encore corrigée en suᵱ montem ; avant les trous de ver sur la crinière du cheval et dans les nuages, qui apparaissent sur l’édition latine de 1511. Sans filigrane, comme à l’ordinaire pour l’édition latine de 1498 (Meder, p. 152).

Superbe épreuve rognée sur le trait carré. Deux très petits manques sur le bord gauche, une petite fracture en surface à la gauche de l’ange jouant de la trompette. Deux petites épidermures et quelques légères taches, notamment le long des bords gauche et supérieur. Sinon, bon état général.

Commencée en 1494-1495 durant son voyage en Italie, la série des 15 planches de L’Apocalypse (Die heimlich offenbarung iohannis, Apocalipsis cu figuris) fut d’abord publiée par Dürer en 1498 en deux éditions simultanées, latine et allemande, avec un texte au verso de chaque gravure. Il existe des épreuves d’essai de certaines planches sans texte au verso, mais selon Meder aucune des Quatre Anges vengeurs.

Les Quatre anges vengeurs de l’Euphrate, huitième planche de la série, illustre deux épisodes consécutifs du chapitre 9 de L’Apocalypse de saint Jean (versets 13-21) correspondant aux sonneries des cinquième et sixième trompettes : l’ouverture du puits de l’abîme, d’où sortent des sauterelles monstrueuses qui harcèlent les hommes pendant cinq mois, et la libération des quatre anges, dont la mission est de tuer un tiers de l’humanité. Dürer a privilégié le second épisode qui occupe la moitié inférieure de la planche tandis que les « sauterelles » du premier épisode n’occupent qu’un bandeau central sous l’autel, entre les Cieux et la Terre. La frénésie du massacre perpétré par les quatre anges fait écho à la chevauchée des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse déchaînés contre le quart de l’humanité lors de l’ouverture des quatre premiers sceaux. La composition dynamique des bras et des épées brandies par les anges vengeurs souligne le caractère implacable de la sanction infligée aux hommes, qui tombent pêle-mêle sous les coups, tous sexes et rangs confondus (on distingue dans l’amoncèlement des corps une femme, un soldat, un pape et un empereur). Panofsky a observé que les moitiés supérieure et inférieure du bois présentaient des qualités inégales : la partie supérieure, raide et classique, aurait été gravée selon lui par Dürer en 1496 ; tandis que la partie inférieure, dont la composition est complexe et témoigne d’une grande maîtrise technique, daterait de 1497.

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